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L’introduction du rugby à 5 dans les écoles primaires : une chance pour la FFR et pour l’éducation nationale

26 septembre 2016 - 12:11

Le succès du rugby joué par les All blacks, et plus généralement par tous les rugbymen en Nouvelle Zélande, tient en grande partie à son caractère universel.

Dans les écoles primaires les jeunes filles et les jeunes garçons jouent tous à une forme de rugby appelée touch-rugby. Je propose de suivre la voie de nos modèles de l’hémisphère Sud, en introduisant le rugby à 5 dans les écoles primaires. Une chance pour l’éducation nationale et pour la FFR.

Pourquoi le rugby à l’école ?

Donner le goût du rugby, c’est l’enseigner à tous les élèves des écoles de la République dès l’école élémentaire, par exemple en les initiant par le biais du rugby à cinq.

Leur apprendre la feinte et le jaillissement, la fixation et la vitesse, le décalage après le cadrage-débordement, la légèreté collective et la civilité, quel bel objectif pédagogique !

Il y a fort à parier que le rugby redevienne un jeu de récréation comme un autre. Les élèves, filles et garçons, viendront naturellement peupler les écoles de rugby le mercredi et les weekends de matchs. 

Ils y joueront un an ou toute une carrière. Qu’importe, ils deviendront les pratiquants, les connaisseurs, les passeurs et les érudits de rugby de demain.

Le rugby est un jeu collectif de combat entre deux équipes qui luttent et se déplacent dans un espace délimité, en respectant des règles définies, pour atteindre une cible par l’intermédiaire d’un ballon. C’est donc à la fois un jeu collectif et de lutte.

Cette notion de lutte, et donc de contact physique, éloigne beaucoup trop de jeunes enfants, ainsi que leur parents, de la pratique du rugby.

Pourtant, il faut se souvenir que le rugby fut façonné par un pasteur et pédagogue anglais, M. Arnold, directeur du collège de la ville de Rugby. Il transforma la très violente soule française pour inventer ce merveilleux sport pédagogique qu’est le rugby. Le rugby est né dans une école, il devrait y revenir tout naturellement.

Pour en revenir à la Nouvelle Zélande, leur plus grand entraineur, Graham Henry, était instituteur. On peut toujours dire que les All Blacks ont continuellement un temps d’avance rugbystique sur les autres nations. 

C’est oublier une partie importante de l’histoire du rugby français : celui que l’on jouait dans les Landes depuis le début du vingtième siècle. Cette région était avant-gardiste. Le rugby y était le sport roi jusque dans les années 60. Il était enseigné dès l’école primaire par des instituteurs landais qui troquaient leur blouse pour des maillots de rugby dans les écoles de rugby ou les jours de match.

Ces éducateurs-enseignants-entrainants ont formés des générations de rugbymen à la fois vifs et rapides, malins et intelligents, robustes et résistants. Bref, des joueurs qui pratiquaient un rugby total, qui se rapprochait de celui des néo-zélandais.

Démarche pédagogique

Le but est de développer une approche par le jeu, le contact, mais réduit,par  le mouvement et en toute sécurité.

Il s’agit de faire passer les élèves :

  • d’une pratique affective et égocentrique, centrée sur les émotions nées de la confrontation avec l’activité et qui peut engendrer des comportements tels que l’appréhension, la transgression des règles, l’agressivité…
  • à une pratique plus socialisée, centrée sur la maîtrise des émotions, la coordination des rôles et des actions sur le (et en dehors du) terrain.

Je propose de lever l’obstacle du contact corporel, pour lever l’appréhension qu’elle engendre chez beaucoup d’enfants. L’esprit libre, les enfants pourront s’approprier plus facilement les règles et des principes fondamentaux du rugby.

Il s’agit donc de favoriser la recherche par les élèves d’une coopération pour atteindre la marque et pour s’opposer à l’adversaire.

Intérêts pédagogiques du rugby à 5 à l’école.

Apprendre à circuler avec lucidité dans un milieu « hostile » oblige à une éducation de la perception, de l’intelligence et de la décision. Ceci nécessitera des relations de confiance, de bienveillance et de respect mutuel, afin que chacun puisse tirer bénéfice de sa pratique.

L’absence de placage autorise la participation et l’expression de tous les enfants sans appréhension du contact (garçons / filles, petits /grands…).

La dimension collective de l’affrontement renforce également les rapports d’entraide, de solidarité et de respect entre les joueurs. La coopération avec les partenaires doit permettre d’atteindre la cible.

Enfin l’expérience montre que la pratique du rugby à l’école constitue souvent un levier de transformation et de régulation de la vie du groupe dans la classe (modification des positions et des statuts de dominants, dominés…).

En résumé :

  • Sur le plan affectif : Agir dans une situation d’épreuve (maîtrise de la charge émotionnelle)
  • Sur le plan perceptif : Diversifier ses prises d’informations visuelles (devant / sur le côté / derrière), tactiles et kinesthésiques (poussées, corps à corps…)
  • Sur le plan moteur : Enrichir ses conduites motrices par les courses, la lutte et l’échange de balle
  • Sur le plan social : Contribuer à transformer et à enrichir le réseau des relations et le climat de la classe

Mais qu’est-ce que le rugby à 5 ?

Depuis plusieurs années la Fédération Française de Rugby s’est engagée dans un développement structuré et National de nouvelles formes de jeu afin de poursuivre sa croissance. Pour ce faire, elle a obtenu une délégation ministérielle en 2008 pour la discipline du Rugby à 5.

Compte tenu de l’accès facile et sécurisé de sa pratique, le Rugby à 5 présente un fort potentiel en termes de nouveaux licenciés. Il ouvre la pratique du rugby à un large public.

Cette nouvelle discipline serait idéale pour permettre la découverte du rugby, particulièrement à l’école.

En effet, c’est une pratique :

  • qui peut être jouée par tous
  • qui est spectaculaire, ludique, faite d’évitement et de passes
  • qui est sans contact et hyper active
  • qui est mixte
  • et à effectif réduit et modulable.

Et si redonner toute sa place au rugby dans les écoles primaires françaises était la solution pour retrouver une grande équipe de France ?

La fédération de handball ne s’y est pas trompée. Le handball est le sport collectif le plus largement enseigné dès l’école primaire. Et l’équipe de France de handball cumule les succès depuis 1992. Le temps d’une génération, le rugby français pourrait revenir au premier plan. 

Deux des futurs candidats à la présidence de la FFR, Pierre Camou et Alain Doucet, inscrivent la réintroduction du rugby à 5 dans les écoles dans leur priorité.

Cet investissement initial, celui de la FFR, sera vite récompensé. En 10 ans, les lacunes techniques des rugbymen français pourraient être comblées. Les écoles de rugby verraient affluer des jeunes filles et des jeunes garçons de tous milieux sociaux et de toutes les régions de France.

A terme, le XV de France pourrait peut être à nouveau rivaliser avec ses modèles All blacks, du moins les battre de temps à autres.  

Toutefois, la tâche est immense et l’éducation nationale ne retrouvera pas en un clin d’oeil des professeurs des écoles aptes à enseigner le rugby à 5. La FFR, en accord avec l’éducation nationale, devra donc mettre des moyens adéquats pour former et guider les premiers enseignants volontaires et souhaitant utiliser le rugby dans leur volume horaire annuel d’EPS.

Ces premiers enseignants convaincus des bienfaits éducatifs du rugby à 5 seront les meilleurs ambassadeurs pour le développement de ce sport dans les écoles primaires. 

Notre dirigeant Christian Moreno interviendra dans les différents écoles et collèges du Val Maubuée. 

 

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